Le deuil après suicide

Une immense violence

La souffrance du deuil ne se mesure pas, mais il faut bien avouer que le suicide d’un proche est d’une immense violence et que le deuil qui s’ensuit est d’une intensité rare.

Il se compose, mais pas obligatoirement, d’un Stress Post Traumatique qui vient entraver l’évolution du deuil. Ce stress post traumatique doit être pris en charge de manière thérapeutique  sous peine de le voir envahir petit à petit tous les aspects de la vie de l’endeuillé. (Certaines techniques de thérapies brèves, comme l’EMDR par exemple, sont des outils tout à fait appropriés).

Le deuil après suicide, “un deuil en plus compliqué”

Michel Hanus, psychiatre français, fondateur de la Fédération Européenne Vivre son Deuil, qui fut un de mes professeurs, disait toujours : «  le deuil après suicide est d’abord un deuil, mais en plus compliqué ».

Aux émotions habituelles du deuil , tristesse, colère, douleur, dépression, vont s’ajouter les incessants questionnements , les « pourquoi » tournant en boucle souvent jour et nuit,  ainsi que la culpabilité, et  parfois la honte sociale, réelle ou ressentie..

Le temps du cheminement du deuil après suicide est généralement plus complexe, l’acceptation de la mort et du geste suicidaire plus difficile encore.

deuil-après-suicideL’acceptation

Accepter de ne pas savoir vraiment les raisons du suicide demande une longue évolution : il y aura toujours une part de mystère dans chaque suicide.

S’enfermer dans le silence, se retirer du monde, couper dans ses relations sociales et amicales est parfois une tentation de l’endeuillé après suicide : qui peut m’entendre, me comprendre ?

Et pourtant plus la douleur est grande, plus les interrogations sont envahissantes, plus la personne en deuil a besoin d’un espace pour venir déposer sa souffrance.

C’est dans cet accueil inconditionnel de sa parole, du récit de son histoire, dans un accompagnement respectueux et solide qu’un chemin d’apaisement peut naître.

Bibliographie : Michel Hanus «  le deuil après suicide »

Christophe Fauré : «  Après le suicide d’un proche » Albin Michel